Cosentino Michel

l'ode ou l'initial de mon premier roman et quelques conseils litteraires.

29 décembre 2008

Les Sylphes

''Une ombre muette glisse sur les murs en torchis blanchis de publicités, pâlis par la pluie et les gifles acérées des vents d’Est.

Quelques gouttes suintent sur sa face vieillie par les années. Les sillons burinés par les tracas et les épreuves, marquaient sa peau trouée par l’acide des temps. Son regard d’enfant perdu, dans les corridors des cités, le laissait sans voix. Une main hésitante, maladroite, guidait son fusain sur la toile encore vierge de toute émotion.

Quelques badauds attardés, laissent quelques menues monnaies au fond de la casquette qu’il avait déposé au pied de sa toile sur châssis. Minutes après minutes, une main tremblante se fait plus certaine, bien plus précise. Il commence par dessiner ses rondeurs puis, il apporte les premiers rayons de lumière qui viendront donner vie.

Sa toile s’anime, se modélise et se crée, sans aucun arrêt ni pause inutile. Juste le temps d’une courte parenthèse créatrice, une seconde divine puisée dans la création.

Les courbes se dessinent avec sensualité, enveloppée dans un voile de lin, frais, parfumé aux couleurs de la vie.

C’est alors, que le génie de la création jette un dernier clin d’œil, en ornant d’une blancheur porcelaine, les traits divins d’une sylphide douce et aimante. Son sourire angevin, croise le regard des passants, saisissants les derniers instants d’intimités.

Là, au plus profond de notre imaginaire, surgit du néant ses petites icônes issues de notre passé lointain.

Enfin, une dernière note, un ultime passage pour dégrossir les traits inutiles, rendent vies à ses êtres venus de nulle part.


Laissez-moi terminer mon oeuvre, dit il en scrutant les cieux, laissez moi finir je vous en prie..!


Que reste t’il de notre passé, si ce n’est qu’une fraction de notre présent divisé par un futur incertain.

Hélas, la nuit vint couvrir la toile d’un voile d’obscurité. Le petit homme, saisi son œuvre, l’embrassa tendrement, puis s’évapora dans les cieux, laissant au pieds d’un arbre son ultime testament.

L’hiver recouvrit de son blanc manteau, le souvenir de ce petit homme, mais il resta, témoin de son passage, cette œuvre inachevée.

Au murmure des saisons, résonne encore ce vieux dicton qui énonce qu’une œuvre n’est terminée qu’au terme d’une longue existence. Toute larme versée sur les dalles du souvenir laissera toujours des paragraphes inachevés sur le vieux grimoire de l’histoire….

(c) Michel Cosentino XII 2008

Cherche au plus profond de toi, et la réponse tu trouveras.....


 

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15 décembre 2008

Matin brumeux

Voici la petite nouvelle que j'avais envoyé pour le concours SKYPRODS, sur le thème de la tentation :

 

 

 Matin brumeux.

 

 

Le matin se lève. Quelques raies de lumière traversent les persiennes à demi closes. Je n’ai pas envie de me lever et pourtant il le faut.

Alors, je soulève ce corps tout endolori de torpeur, et me hisse sur mes deux jambes en m’aidant avec la main droite posée sur le rebord du lit. Quittant la moiteur des draps encore chauds d’une fin de nuit d’été, je me dirige vers la salle de bains. Mère de la tranquillité, j’accoste mon royal séant sur les bords de la cuvette blanche et fraîche.

Je repense à cette belle ronde, bien parfumée. Elle m’a transporté vers des sentiers peuplés de profonds plaisirs, que j’en ai encore quelques relents frugaux. Ah, qu’elle douceur elle m’apporta hier soir. Mais là, c’est finit ! Promis, juré, crachant 3 fois par terre, je jette un dernier regard lubrique vers cette belle Aphrodite, qui me pris par les sentiments !

Je quitte la chambre pour prendre un bon cru africain. Celui-ci, je l’ai mérité non ? Après une nuit comme celle-ci, j’ai du mal à émerger dans le monde réel.

Alors, je plonge dans mon magazine préféré. Quelques pages feuilletées et je te retrouve dans toute ta splendeur. Tu avais revêtue ta plus belle robe pourpre. Non, non je ne peux plus te regarder sans céder à cette cruelle addiction. Mes mains tremblent, je commence à avoir soif de ton corps. Non il faut que je tienne le coup cette fois-ci. Après tout, ce n’est pas cette petite ronde qui va dicter ma vie.

 Je tourne le loquet de la porte d’entrée, puis m’engouffre dans ce long couloir peu éclairé. Quelques néons blafards crépitaient sur des airs de samba. Je remonte le col de ma veste pour cacher mon visage usé, buriné par ces longues soirées de joutes. J’ai peut être trop tiré sur la barbe de Bacchus.

 Lorsque je franchis le pallier de l’immeuble, le concierge jaillit sur le perron. L’air enjoué, il m’interpelle en me présentant une amie bien plus fruitée.

 En chemin, je repensais et culpabilisais de n’avoir pas accepté cette opportunité. Je me sentais ridicule et m’en voulais. Miséreux d’avoir refuser cette belle promise qui aurait, à coup sûr, pris ma tête pour l’alléger.

Non, non, je ne cèderais pas. Il m’en faut bien plus que cette petite pour me soulever le cœur !

 Mon auto avalait le bitume jusqu’à la lie, franchissant barrières et obstacles. Me voici enfin arrivé.

Je pénètre dans l’immeuble, et franchis le portique, puis je traverse la longue allée qui mène à mon bureau. Une splendide secrétaire, aux formes rondes et généreuses, me propose une tasse de nectar sud-américain. Ah, celui là je l’attendais avec impatience !

Quelques instants plus tard, elle m’apporte ce délicieux breuvage. Son parfum traverse le bureau pour venir flatter mes orifices naseaux. Alors elle se baisse déposant délicatement la tasse. Mes yeux d’enfant gâté découvrent la splendeur de ses collines intérieures. Ah non !  je ne puis regarder cela plus longtemps. Je suis un homme marié, bon père de famille. Et malgré mes quelques écueils infidèles passés, je me suis juré de ne plus jamais replonger.

Elle me quitte sur un large sourire prometteur et tentateur. Elle est comme cette terre promise, cet éden nourricier de toutes les tentations. Mais hélas, trois fois hélas je dois renoncer à ce projet trop hasardeux.

Les heures passent, je me plonge à corps perdu dans les dossiers, épluchant, pellant, retournant chaque page de rapports financiers. Je cherche l’artifice, le faux et les errements.

La messagerie électronique de mon ordinateur m'envoie un signal. Ah, j’ai reçu des messages.

Premier courriel ouvert et te revoici à nouveau présente à mes yeux. Mais cette fois-ci tu tiens ton rang digne d’une princesse. Cette robe te sieds à ravir et cette parure rouge grenat laisse à mes lèvres un goût sucré indélébile. Dire que tu as été élevée dans un grand château.

 

Salivant devant cette belle promise, je ressassais le serment auquel je m’étais astreint. Délicatement, je pointais vers ce message et le jetais à la corbeille électronique.

 

Midi vint résonner à mes oreilles. Je ne voulais pas aller au réfectoire, me plonger dans cette populace qui ne songeait qu’à boire et à manger. Non, mon travail est plus important. Résultats, probabilités, calculs savants tels étaient mes banquets festifs. Et puis me laisser tenter par cette belle inconnue qui ferait la cruche à ma table ? C’est vrai elle viendrait me réconforter, me soulager même, faisant chavirer mes maux sur les rives de l’oubli. Elle me rafraîchirai le corps et l’esprit de sa délicate robe rosée, et me désaltérera jusqu’à me rassasier de son parfum.

Je serrais les poings, ça non ! Pas question de céder !

Alors je me rabattais vers un met moins frugal, tout en avalant une boisson fade et sans goût.

A mesure que la journée avançait, les borborygmes incessants tenaillaient mes entrailles. La nature reprend souvent ses privilèges et ses droits ! Voici 18h arrivant à grandes enjambées. C’est la fin de cette pénible et harassante journée. Je quitte mon bureau. Ma belle secrétaire me regarde avec ses yeux de braises et me lance un suave ‘’bonsoir’’. Je serre les dents, et lui envoi stupidement qu’un ‘’Merci’’. Je fonce dans le dédale de ces interminables couloirs, puis descends les escaliers à grande vitesse. Faire de l’exercice est très bon pour le corps, puis cela fortifie l’esprit.

Allez, je vais encore prendre mon journal, mes cigarettes. Cigarettes ? Ah, non je ne peux pas ! Mince l’envie me pris d’en griller une. Une seule, une petite en cachette dans les toilettes du bar. Rien qu’une seule pour l’oublier, un peu comme cet amant déçu par la fin de son histoire. Me laisser envahir par cette narco nicotine, en tirant sur son corps à grandes lampées. Non ! Sors de mon esprit, mauvaise idée, sors de ce corps je te le dis ! Je me serinais ces mots comme une incantation, une prière, un exorcisme. Je devais vider mes pensées en libérant ce fauve qui sommeille en moi.

J’entre dans le café, le patron me souri, il se dit : ‘’Tiens voilà ma journée !!’. Alors, je n’ose affronter son regard, préférant plonger le nez dans ce minable canard. Tout en grommelant, ‘’une grenadine’’. Je fais semblant de lire les dernières actualités. Bien tristes, ternes et toujours aussi démoralisantes, de quoi se cuiter comme dirait si bien mon ami Fritz. Mais non, je ne pouvais pas, ne voulais pas me laisser guider par cette pulsion malsaine. Elle ne me commandera pas !

Puis direction le trajet du retour, la foule, les bruits, les klaxons… Cela fume de partout. Je commence à avoir des hallucinations lorsque je vis cette grosse Corvette devant moi fumer du pot d’échappement. Ouf, non je ne rêve pas, c’est normal me répétais-je, c’est normal……

Dieu que l’on peu avoir peur de certaines visions puériles.

Enfin mon immeuble. Mon repaire, mon antre, mon royaume dans lequel je pouvais régner en maître et seigneur. La porte s’ouvre, revoilà le concierge qui sort. Il me sourit et m’invite à prendre un petit verre. Il me dit, ‘’Vous’m croirez pas mais ce matin, ma bonne dame su’l ternet m’a trouvé une bonne réduction pour du pinard élevé en château….’’

Ah le voilà, mot qu’il ne fallait pas prononcer. Vade pino satanas, criais je. Il me regarda avec ses yeux de merlans frits, puis éclata de rire, et d’une tape amicale il me montra le chemin de son appartement. Je repoussais poliment son offre en lui invoquant une soirée chargée qui m’attendait avec mon épouse et ma fille.

Je gravissais les marches tel Hannibal le conquérant, fier comme Ulysse qui avait franchi ses épreuves sans périr.

La porte s’ouvre, voici mon âtre de joie, le repos du guerrier, la tanière du tigre. J’accroche mon manteau, pose mon attaché-case, puis me dirige vers le salon. Une bonne odeur de rôti flotte dans les airs.

 

 

Je me sens bien.

Une voix aimante et suave me susurre à l’oreille :’’Chéri le dîner va être servi’’.

Je salive déjà, j’ai si faim. Entrant dans la cuisine, je ne pouvais me retenir. Elle s’était à nouveau invitée à ma table. Drapée dans sa robe dorée rougie par de beaux rayons de soleil, elle avait certainement grandie sur des coteaux généreux. Attendant que je découvre son col, puis de retirer le bouchon qui la retenait prisonnière. Généreuse, elle laisse s’échapper du goulot, la puissance de son délicat parfum délicatement boisé.

C’est alors qu’arrive la maîtresse de cérémonie, icône festive de ce repas frugal. Terminant nos derniers rites, je clos cette cérémonie par un ‘’bon appétit’’. C’est alors, que je verse ce nectar divin, je le hume, le respire, m’imprégnant de son odorat fruité. Quelques larmes s’estompent sur les bords du verre. La tentation fût forte, mais le plaisir encore plus…..

 

 

(c) Michel COSENTINO

Coordonnées de l’auteur : COSENTINO MICHEL ************************************

 

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08 décembre 2008

La légende est une histoire

Il y a des rivières auxquelles on ne traversera jamais la rive, car elle ne contient que les remords et les échecs. Certaines plaies dont on refuse de laisser suppurer, mais qu’on étouffe avec rage.

Ces remous qui secouent son âme meurtrie, refait resurgir un passé lointain. L’horizon rougi, transpose les échos des dernières larmes salées. Elles se teintent d’amertume et d’ennui, tapissant ses joues trouées.

Il revient, au travers des brumes matinales, le fantôme de ce vieux guerrier, qui hante ses nuits solitaires et glaciales, triturant à l’infini ses dernières forces. Epuisé, éreinté par ces luttes stériles et sans fond, il se perd au bord de ses lèvres, succombant aux derniers élans de vie. Elle brilla comme une étoile au dessus de son lit, insufflant les ultimes graines de passion.

La chaleur de son corps apporte les dernières braises à ce vieil âtre flétri, perdu sans repaire dans l’océan de l’oubli. L’horizon lointain rejette la silhouette de deux êtres enchaînés à des sens proscrits.

Deux vieilles gitanes, dansant autour d’un feu, tenaient entres leurs doigts, les derniers accords majeurs de sa vie. Les flammes tournoyaient, virevoltaient, dans les airs, au son du crépitement des dernières braises.

Une petite fumerolle s’éleva dans les airs. C’était une petite âme qui quitta cette terre infertile pour rejoindre l’antre de ses ancêtres, pour un repos bien mérité.

L'océan est si vaste, la lune transpersa de sa blancheur les eaux sombres et froides, que le vrombissement des moteurs couvraient de leur fureur...

Il ne subsista qu’une petite marque dans les cieux, une petite constellation vint à s’éteindre, en silence, et

dans la plus totale indifférence.

XII 08 Michel COSENTINO

Posté par langemichel à 12:42 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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