09 juillet 2009
Le Lion et Le vent
" Il y eut un temps, un splendide lion, roi des roi, maîtres de plaines, et des vallées. Son allure altière, imposante et royale laissait pantois et sans voix ceux qui l'approchait. Son pelage soyeux et brillant, sa coupe ample et généreuse, son regard fusant et puisant, donnait de l'envergure à se personnage royal. De son pas, il marquait les territoires qu'il occupait. Il donnait de ci de là de là, quelques sanctions pénales aux troubles publics. Blotti au coeur des montagnes, au plus haut des sommets enneigés, dormait un vent glacial. Il était transi depuis de longs siècles, tapis dans l'ombre à guetter les premières lueures tièdes d'un soleil impatient. Alors, ce matin de mai, alors que la rosée de la plaine ne s'était encore dissipée, cette bise fut eveillée par des bras chaleureux.
C'est alors, que pris d'une frénésie printanière, le vent s'extirpa de sa torpeur, pour glisser le long de la vallée. A son passage, les feuilles endormies se mirent à se verdir, les ruisseaux gonflèrent devenant des torrents, des arbrisseaux fébriles s'enracinèrent dans l'argile ramoli. Le voici maintenant face a ce Royal lion. Ce dernier campe de sa prestance, barrant la route à ce vent capricieux.Alors, d'un puissant rugissement, il voulut stopper ce vent de sa royale posture. L'impétieux zéphir chevaucha droit devant, toutes ailes déployées. Le Lion eut beau rugir, tournoyer autour, donner des coups de pattes, mais rien n'y fit. Le vent continua sa route, balayant les dernières brindilles, laissant ce roi mourrant sur le flanc."
Les légendes sont là pour nous rappeler qu'il y a en chaque histoire, une part de vérité. Son dénouement dépend souvent d'un petit détail qui devient important finalement une puissante révélation.
(c) Michel Cosentino 07/2009
29 juin 2009
Les raisons d'une colère.
Les mots sont parfois durs à exprimer
Tant ils nous en coûtent, pour nous divulguer
Les derniers recoins secrets de nos âmes.
Le vent frappe à la porte du panthéon,
Nos vies s’usent à ses jeux sans raison,
Puis de ces regards impurs et infâmes,
Ils se croisent dans la pénombre du clair
Obscur d’une palissade, et ce sont des éclairs
Qui jaillissent des ces grands yeux d’enfant
Perdu, au sommeil alourdi par de longues
Luttes stériles, puis d’un dernier trait de fusain
Se dessinent les courbes oblongues
D’une déesse généreuse, usant de ses charmes
Et chavirer nos horloges d’une minute de silence.
Se sont ces cortèges de paroles qui défilent
Sans sens ni profondeurs, justes quelques bribes
De simples menuets paisibles et inutiles.
Un réconfort venu de nulle part,
Si ce n’est d’un recoin perdu que l’on appelle
Du fond de son trépas, le remord.
Alors, le dernier samaritain vous tendra
Une écuelle comme une obole,
Pour retourner sa toge dans cette farandole
Et puisera en vous ces derniers élans
Qu’il étendra sur la travée
Affichant son trophée,
Cette conquête impossible
Qui nous réduit à néant.
Alors du fond de cette ultime râle
Il plongera sa main dans vos entrailles
Et finira comme ripaille
Sur les cendres de vos souvenirs.
Nul ne connaît finalement cette histoire
Pourtant nous vivons chaque jour
Une partie de cette parodie.
© Michel COSENTINO
L’important est de croire, supporter l’inutile ne rime à rien.
28 mai 2009
L'enfant des dunes, enfant des brumes.
C’est une onde qui décline au soir d’un matin. La brume soulève la délicate petite perle dorée qui s’étire de son long sur une feuille endormie. Nous voici aux portes de l’Eden, et tu n’y es pas…
Un songe bouscule se calfeutre au plus profond de moi. Je l’observe tournant en vain autour de mes pensées.
Il s’agite, tape des pieds, et piaffe d’impatience. Au loin, l’horizon rougi termine sa course dans les eaux tièdes et calmes. Le sable doré se dérobe à mes pas endoloris, et pourtant je ne veux que continuer.
Soir, demande à la lune si mon astre brille encore dans l’azimut, et s’il resplendit encore autant du temps ou je l’aimais.
Matin, quémande aux brumes matinales si la rosée qui tapisse ce parterre fleuri, respire encore de nos derniers ébats d’amants.
Soleil, toi qui réchauffe le cœur, panses ces plaies qui traversent au-delà du temps, que tes doux baisers colore ma peau.
J’ai perdu les sens à t’attendre, comme un soupir qui s’éteint doucement.
Au loin, près des dunes, l’enfant des sables a grandi. Il regarde la mer, qui le hante, qui l’appelle du lointain rugissant. A vos cœurs perdus, je dédie ces instants de solitude, à vos âmes en quête suprême je dédie ces minutes à t’attendre sous la pluie. Comme un veilleur accroché à son phare, scrutant l’horizon, désespérant cet ultime rendez-vous.
Il ne reste qu’un crépuscule, certes majestueux, et complice de ces derniers instants. Il fait encore un peu froid, et pourtant, le cœur chaud, j’observe les premières raies. Elles sont venues caressées cette carène brisée par le sel et la houle. Cette furie qui se déchaîne, se réveille en moi, et projette dans les airs des éclats de folie.
Je pose mon sac, il se fait tard maintenant, et je suis si las.
Si las à t’attendre en vain, que je quitte ce quai pour voguer vers cette lointaine destination. Paisible et solitaire je m’en vais l’esprit reposé.
Belles sirènes, vous n’êtes que des chimères, de petites sylphides perdus sous les océans….
© Michel COSENTINO
Tous droits réservés.
Si ton coeur est pur, écoute le battre et il te raconteras de belles histoires
24 avril 2009
Note aux Voyageurs de passage ici
Bonjour cher visiteur inconnu si tu poses quelques instants ici, tu es le bienvenu.
Je te laisse un bout de mes mots, quelques petits instants de lecture.
Aussi n'hésites pas à y laisser une petite note ou un commentaire complet. Cela est toujours plaisant de vous lire aussi
A bientôt
Lettre d'un capitaine à la nuit
‘’ Il n’y a pas de mots plus simples qui
s’expriment du fond de son âme meurtrie. Ce ne sont que des instants de pudeur
qu’une chair écorchée se disperse sur les lambeaux d’une vie. Les yeux ouverts
aux quatre vents, s’écoulent de longues et pénibles minutes à essuyer ces
larmes sur le parvis du Paradis.
On n’écoute plus le murmure des saisons,
ni la cloche du bas de la vallée. Juste une minute électronique dispersée sur
un clavier désordonné.
Son existence s’est perdue un matin aux
lointains rugissants. La crinière grisonnante tournoyant dans l’écume de
l’océan, il se campait droit et fier sur la proue de son navire. La carène
emplie de sels des mers, il avait la peau trouée par les pluies glaciales de la
Terre Adélie. Et pourtant, il ne craignait ni les éléments ni les hommes, car
il s’en remettait au tout puissant. Celui qui guide nos vies, qui fait basculer
des destins vers le bien. Toutes voiles dehors, les fils du vent font avancer à
grandes bourrasques ce navire vers les îles du lointain.
Celles dont personne ne revient jamais…
Il scrutait le soir, avec son sextant
magique, les étoiles. C’était ses muses, ses compagnes. Elles lui servaient de
compagnie et de guide. Pour le porter au-delà des frontières du seigneur
Magellan. Il rejoint ses terres, ses racines, sa vie, toute son enfance défile
dans sa tête. Celles de belles inconnues au teint marbré. Il respirait à
grandes bouffées les milliers de senteurs déposées au pied leur lit blanc.
Capitaine au cœur solitaire, il a les
mains calleuses et entaillées par le feu des cordage. Ses yeux gris sont de
longues pages d’histoires, et son corps s’est voûté sous le poids des ans.
Et pourtant il est encore si altier, fier
et majestueux. Il a ce regard d’acier que peu d’hommes ont, et ne parle presque
jamais.
Il n’avait plus qu’un ancien compagnon de
fortune, un vieux gabier, qui tissait des toiles du haut de sa hune.
La brume recouvrit se soir là ce navire,
d’un épais voile blanc et laiteux. L’air devint plus froid, et les chants
d’oiseaux se turent. Seul le vent et la mer assagie chantaient leur ultime
hymne à la vie, celle que l’on entend qu’une seule fois. Puis, un éclair, une
lame, un coup de tonnerre et trois échos trucident le silence de la nuit. Un
dernier salut aux étoiles, à l’astre lune. ‘’
© Michel COSENTINO Tous droits réservés.
Il n'y a que les mots qui comptent, tout le reste est si futile....
01 avril 2009
Le fils du Vent
File le temps, file loin d’ici.
Tu berces mon cœur comme ces douces notes de piano, et tu emportes dans les airs mes derniers instants de répit. L’ombre d’une dame plane au dessus de mes vingt ans. Orphelin perdu sans ton corps, je m’évade au soir couchant, vers un lieux secret où sommeille encore le dernier paragraphe de ce chapitre.
File le temps, file très loin de ma vie, que ta vague m’emporte sur les ailes de zéphyr. Il me pose délicatement sur les bords de la rose des sables, pour venir m’endormir comme la fin d’un printemps.
© Michel Cosentino Tous droits réservés.
25 février 2009
Sites où les clips sont en ligne
Je vous invite soit à cliquer sur la zone Youtube en haut,
soit ici dessous
http://freemeanstrophe.wideo.fr/
www.youtube.com/freemeanstrophe
Bon visionnage.
22 février 2009
Histoire simple
Sur le toit du monde, je pose cette fleur. Elle a grandie dans mon cœur, pour fleurir mon parterre de bonheur. Mais hélas, l’automne vint la fauchée, comme le vent tranche une petite feuille isolée. Elle s’éleva dans les cieux, pour retombée quasi fanée sur le sol. La pluie déversa un tapis boueux pour la préserver, ultime sursaut de la vie. Ses couleurs chaudes et chatoyantes, vinrent à s’estomper dans le gris de la nuit. Douce et tendre fleur, j’ai encore mon lit empli de ta senteur, et ta fraîcheur m’enivrait de toute sa splendeur.
Je regarde mes mains flétries, pauvres innocentes victimes du temps présent, hésitantes et maladroites. Je cherche encore ton parfum dans ce fatras d’amas embruni de feuilles mortes. Mes yeux orphelins de ta belle robe, se sont égarés aux portes d’un hiver égoïste, qu’il m’enferme dans une torpeur glaciale. J’ai des bleus à l’âme et le cœur en déroute. Pourquoi tant de beauté éphémère et si fragile, s’efface à ma mémoire endormie. Quelques anges, au lointain plongent de longues notes parfumées de jasmin et de lilas. Le jardinier des cents feuilles s’éteint dans le silence d’une nuit froide et solitaire. On voit sa petite casquette s’élever vers les cieux, transportant au crépuscule naissant les ultimes secrets d’une vie.
Le silence referme délicatement cette petite histoire. Ne pleure pas, te voici libéré de tes peines inutiles, vogue sur les ondes maintenant, tu peux vivre enfin une vie d’homme libre.
Si vous sentez quelques fois ces petites gouttes chaudes d’une fin d’été, ce sont ses larmes qui se versent comme par bonté.
© Michel Cosentino 02/2009 Tous droits réservés.
18 février 2009
Zéphyre
Le soleil se couche, et l’horizon salue la nuit et sa belle lune venue comme à l’accoutumée, drapée dans ses beaux habits perlés.
Le ciel s’ouvre en un ballet de petites étoiles qui brillent comme des petits diamants. Au loin, je m’éloigne doucement dans le lointain avec mes pensées. Je sens un léger vent souffler sur mes épaules, il me caresse comme une main amicale.
Alors quelques cloches carillonnent au loin, signe de ta prochaine venue. Une petite luciole décline sa révérence à la nuit, en un ballet féerique. Je me sens presque aux portes du paradis.
Il sommeille en nous, comme des milliers de rayons venus d’une lointaine galaxie, réchauffant nos âmes perdues.
J’écrase un dernier mégot, je retrousse le col de ma veste. Il commence à faire plus frais. Au loin, zéphire, digne héritier Fils d'Astraeos et d'Éos, porte sur ses ailes, mes derniers espoirs.
© Michel COSENTINO ‘’Extrait d’une minute sur improvisation ‘’ Tous droits réservés.
12 février 2009
Pré vert de mon enfance
Quelques gouttes de pluies se déposent comme la rosée d’un interminable matin, sur ma peau trouée. L’acide des temps ont œuvrés et me voici maintenant réduit à l’état d’un si vieil humain.
Je revois le soleil soulever les voiles de la nuit, pour déposer son délicat sourire radieux. Quelques oiseaux tournoient dans les airs, mais il fait encore un peu froid.
Je touche l’herbe verte du bout de doigts, me voici étendu sur ce parterre de fleurs, embaumé dans un sarcophage de lys et de roses sauvages.
Mes mains tâtonnent dans le vide, portés par les fluets embruns odorants du matin. Les derniers grondements d’un orage lointain, lance encore quelques anges spadassins pour venir zébré l’azur de leurs lames blanches.
L’air se réchauffe maintenant, et quelques voix venus des cieux bercent mes ultimes marches de la vie. Je pense encore à ce pré vert où pour la première fois je t’ai enlacée tendrement. Mais maintenant il ne reste qu’une étrange sensation de vide incertain et froid.
Ta voix m’appelle au loin, qu’elle réchauffe mon cœur d’une dernière braise d’ardeur et de vigueur. Je porte en moi ces images d’un passé d’où je vivais encore parmi les miens. De ceux qui j’ai aimé, mais me voici échoué sur ce pré vert de mon enfance.
Ne cherchez pas le bonheur si vous le possédez déjà. Mais cherchez plutôt la quiétude d’une paisible vie, à compter les minutes de joie et d’intensité.
On ne regrette que ce que l’on a avais, mais on ne supporte plus ce que l’on possède. On rejette l’amour des proches, pour chercher ceux d’illustres inconnus. Mais le temps œuvre et sait aussi réparer les erreurs d’une vie, même à l’aube naissante, témoin anonyme de cette banale histoire.
Sur la portée de musicale de ma vie, je grave ces dernières notes témoins d’une simple double croche, et qui ne su porter toute la puissance d’une existence.
Je ferme les yeux, je me sens bien. Oui je me sens si bien maintenant que le vent m’emporte vers l’horizon lointain.
© Michel Cosentino
Tous droits réservés.
