Le Lys et le Roseau

"Offre-moi ton plus doux sourire,
Offre-moi ce qui est de plus pur
Offre-moi cette aube, ardent désir,
Offre-moi ton cœur, souffle murmure
Je te sens comme un parfum divin.

Je te respire, tu poses tes douces mains
Sur mon corps usé, buriné par les années,
Je ne suis plus rien à présent, juste une poussière,
Une lointaine chanson, un refrain, une rivière
D'où s'écoule à présent ce passé de prisonnier
A tes cordes divines, à ton refrain, à ton chant divin
Je me confonds au plus intense et au plus immense
Tu es là, assise au bord de mon cœur, intense
Moment d'émotions, puis un long silence.

J'étais un présent, devenu dépassé, par l'aurore d'un matin
Qui n'a jamais dû arriver, violente image s'est figée, rien
Qu'un petit rien, je n'existe plus, disparaître puis m'effacer,
Jusqu'à ce qu'une aube nouvelle te rappelle
A ton doux souvenir d'une femme égarée, s'effacera
Alors de ta mémoire, cette minute volée à l'éternité.
Je suis las à t'attendre sur ce quai de gare,
Les années sont passées et se sont dérobées
De mon temps, veilleur, guetteur toute ces nuits glacées
Dans ce vide, cette immensité, une dimension
Vers laquelle tu t'évapores comme une brume, vision
D'un être devenu solitaire, par ton égoïsme.

J'ai le cœur en lambeaux, tu danses, chantes, aphorisme
D'une existence sans lendemain, pénombre d'un destin
Je te laisse aux bons soins de ton âme déchirée,
Je chanterai ce soir sous la lune, autour d'un joyeux festin
Toi, ombre lointaine et solitaire, tu tâteras ton âme creuse déployée
Sous les orties d'une herbe folle, mauvaise graine insipide et sans vie,
Tu t'égares sans matin ni aube à aimer, rien que le gris
Remplis ton coffre d'une amère et unique froide solitude.''

(C) Michel COSENTINO