La Rivière aux étoiles.

 

« A la croisée d’un monde meilleur, vivait une jeune princesse d’un royaume,

Fleur de cette contrée, elle posait sa joie sur chaque âme qu’elle croisait,

Une douceur de propos, des rires aux grandes joies, Anna, palindrome

De l’amour, l’air s’emplit d’une vie sur son passage, un être de bonté

Que les anges eussent posés sur Terre, et que le Paradis connaissait déjà.

Je ne suis qu’un simple passager sous la pluie, je dois partir lui dis-je, renégat

Sans asile, solitaire et le cœur fracassé par tant de tempêtes, l’épée

Scellée à mon destin, je dessine mon chemin de mille combats,

Usé, fatigué, le visage buriné par le sel des mers et océans, de veules prélats

Qui assassinent de pauvres innocents, des tas d’immondes putrides et perfides

Je ne me reconnaissais plus dans ces anges mi démons, mais en ceux qui m’ont forgé.

Alors du haut de sa tour, à la croisée d’un monde meilleur, imaginaire peut être, insipide

Et sans odeur, je me dessine une nouvelle route, un long parcours, fait de chutes et chemins

Sans lesquels je n’imaginais jamais grandir, sortir de ce corps, me hisser hors du purin

D’une ingrate et ignoble humanité, pour sceller mon destin aux heures lancinantes

A une perle rare, petite étoile sans unique Galaxie, te voici perdue aux lointains

Pour te perdre dans les méandres d’un trou noir, pour t’assouvir d’une soirée dansante.

Le ciel peut m’attendre se dit-il, oui qu’il attente mon maudit destin cria-t-il à la Lune,

Tu n’es là que pour me juger, pour me condamner sans me connaître au final, ma plume

Vaut mille canons, hurla t’il face aux quatre vents, et vous petites gens, tremblez

Devant vos mesquines railleries, car je suis cet Icare, mais sans ailes, relisez

Vos histoires, car la mienne n’y est pas narrée, vous resterez à Quai

Comme de veilles barques inutiles, mon nom sera scandé au-delà des océans.

Anna, ce soir il tarde de te rejoindre, de terminer ma parenthèse enchantée

De vider mon compte légendaire pour alimenter le ruisseau des tourments,

D’une ultime prière, son regard scrute la voûte céleste, Dieu que tout cela va me manquer,

Mais du plus qu’il me manquera ce sera son doux sourire, radieux moments de bonheur, la pluie

N’a pas d’effet sur ma peau, car de ses caresses finalement je suis guéri,

Sans aucune rancœur, je te quitte, destin tu m’as tant donné de passion, mais cette nuit

Le temps est une rivière luxuriante qui ne me permet pas d'honorer le présent au futur d'une vie. »

© Michel COSENTINO