"Le soir dépose lentement son grand manteau noir,
Je regarde le ciel, quelques nuages blaffards
Dansent la farandole signe annonciateur de grandes pluies,
J'ai perdu l'entièreté de ces instants, à me perdre jusqu'à
Me confondre entre l'ombre et la lumière, la petite pluie
Caresse mes joues, je sombre d'un moment de vie à trépas,
Hurler sa rage contre le vent ne servira au final à rien.
Je suis l'anecdote d'une vieille histoire, tout ces chemins
Dans lesquels je me suis égaré, à t'attendre sous la pluie,
Veiller à chaque station, les quais de gare bondés, le gris
De mon regard se fige sur l'ultime quête, tu me souries
Tu sembles si belle et si fragile à la fois, à te regarder parfois
Me donne d'atroces souffrances, ces lames issues d'un passé
Sonne le glas de cette romance, je souffre en silence, l'effroi
Se dessine sur mes rides, je me sens si solitaire et las.
Donne moi encore un instant avant de sortir
De ma vie, laisse moi ce parfum si doux sur ma veste,
J'ai jouer à ce jeux et qu'aucuns biens ne me reste,
Ruiné par l'ignorante vérité, celle de ton départ, maudire
Ces paroles que l'on se jette face à face, drôle de chemin
Tortueux de deux êtres qui se perdent dans l'obscurité d'un matin,
Rien qu'une seconde, donne moi ton ultime baiser,
Je m'envolerai serein et apaisé, de mes angoisses inavouées
Je pourrai les cracher sur l'asphalte noirci, belle enjouée
Qui me regarde souffrir, car dans mes moments de solitude
Je me plonge dans ce passé incertain, happé de fortitude
Qui m'apporte tant de paix intérieure, j'ai comme certitude
L'instant de notre première rencontre, car le reste appartiendra
A notre histoire, maudit passé qui nous ronge, peste et choléra.
J'aime ce matin, il est si doux, si calme, l'air pur ambiant
Prolonge les premiers parfums d'un beau printemps,
Je regarde cette Aurore, si douce si belle, amant
Maudit, je me plonge dans cet acide pour dissoudre ma vie,
Car d'un jour entier, tout ce qui est dit était déjà écrit.''
(c) Michel Cosentino