Clair matin qui se lève, le Petit Prince regarde au lointain vers ce grand lac bleu

Il respire l’air ambiant à pleins poumons pour savourer les premiers parfums boisés

Printaniers, pour capter les milliers d’odeurs volatiles éphémères et subtiles à souhait.

Il foule à petit pas les herbes perlées de rosées, passe ce tronc centenaire et vieux

Premier édifice naturel de ces bois, unique maître de ces hauts lieux

Abritait encore en lui des milliers de colonies, des vies animées de forces et de joies,

Le Petit Prince s’approche près du moulin bleu, il regarde la grande mare, puis saisi d’émoi

Observe une petite grenouille qui saute de nénuphar en nénuphar, ces grands yeux bleus

Semblaient lui raconter une histoire, celle d’une dame des bois, reine de ces lieux

Qui par un sort fût transformée en grenouille, pour n’avoir su embrasser le vieux

Roi mourant, alors Dame Carabosse lui prononça ce sort, qui la rendit de la sorte

En une simple batracienne, reine de la flaque des marais de ces bois séants.

Alors Dame grenouille prit possession de ces lieux pour y fonder son abri, la porte

De ses rêves se refermaient sur son histoire se disait-elle, jusqu’à ce jour levant

Qu’approcha de cette mare le Petit Prince, attirée par sa douce voix, et par la mélodie

De ses paroles douces, il lui demanda ‘’ Mais qui es-tu dame Grenouille, que fais-tu ici ?’’

Elle sauta sur une branche pour s’approcher de son oreille et lui conter son aventure :

« Un jour de soleil levant, mes parents voulaient me marier de force avec ce vieux

Et triste Roi, mais je ne voulais pas me mélanger à son rang, car son odeur m’incommodait

Plus que l’âge canonique qu’il représentait, et il avait le regard vide et salivait

Lorsqu’il me voyait, comme un ogre devant un bon plat, alors je me suis refusée

Par trois nuits d’affilées, et au troisième soir, il appela Fée Carabosse, pour qu’un sort me fût jeté.

Je pris la fuite par la fenêtre et sauta pour me déposer dans ce cours d’eau, lui

La furie, la rage et la colère se fit si fort à entendre que le vieux chêne fût son premier dédit,

Alors je continuais ma route, pour atterrir sur cette mare à l’abri

Des regards de ce vieux fou, et de sa servante, je pris refuge dans ses bois et marais. »

 Le Petit Prince, la regarda, puis le demanda de se poser sur sa main, doucement

Il la caressa et l’embrassa tendrement entre les deux yeux, ce qui délia le serment

Qui liait son sort à cette histoire, Dame Grenouille redevint la belle de ces bois fleuris,

De sa belle et longue robe dessinait les courbures de son corps, le Petit Prince sourit

Puis posa le second baiser sur ses lèvres tièdes, il jubilait car il l’avait enfin libérée

De cette torture, pour rendre à l’amour ce qui est de plus parfait.

« Petit Prince, pourquoi m’aimes-tu, lui dit-elle, amusée,

Et il lui répondit, je t’aimais depuis le premier instant où nos regards se sont croisés ».

 

© Michel COSENTINO