La Nymphe.

Je viens de cette dimension imparfaite faite de grandes amplitudes
Qu’aucune femme ne peut comprendre, j’ai navigué vers des latitudes
Pour chercher celle qui bercera mes nuits d’hiver, j’ai puisé toute la gratitude
De ces moments intenses échangés avec elle, ces nuits de grandes magnitudes
Faisait vibrer ce lit de toute notre énergie corporelle, jusqu’à la désuétude
De ces instants oniriques faits de jardins secrets, l’histoire tombe en décrépitude
Par ces longues absences répétées, qu’il subsiste aucune certitude
Au présent qu’une aube imparfaite décompose avec turpitude.
Je viens d’un univers improbable d’une rencontre entre une galaxie, et la solitude
De ces longues nuits sous les tropiques du Capricorne, ces instants sont trop rudes
A ma mémoire, qu’un matin à l’aube gelée, je te laisse sur le pas de la porte, prudes
Paroles qui n’ont aucun sens à ta compréhension, car tu n’as pas de relation stable.
Je pris ma route, sous les étoiles qui guident mes pas, quitter cette fille instable
Qui n’a d’adresse que les relations dispersées au gré des rencontres, irritable
Est son caractère, qu’un mépris qui s’oppose à ma vie, je décompose le sens
De ses propos, de ses pensées qui ne sont plus miennes, ni l’espace, une quintessence
Illuminée sous les voûtes de son entrée, fragile et instable, elle prolonge
Les tortures à chaque rencontre, pour écraser les sentiments des autres, elle ronge
Son âme à se chercher une lueur improbable, néons blafards de son existence.
Alors elle entre dans la danse, pour se décomposer et finir en transe.
Le reflet d’un blé doré orne sa chevelure et appose une nouvelle sentence
Aux pauvres marins égarés, attirés par le chant funeste de cette sirène,
Au son de sa voix, elle se perd et se distord dans le temps, la trirème
L’emporte au lointain levant, elle s’assied sur le socle de ses erreurs passées,
De son ombre elle en fait toute sa splendeur, quelques paroles griffonnées
Sur une page jaunie, et ce maudit passé qui me transperce comme une lame froide,
Dans ma bouche se mélange l’étrange saveur d’un acier et de mon sang.
Elle rit, s’en amuse, car elle se prend du bon temps,
Cette histoire n’a de réel que cet instant et ces lignes,
Mais elle appartient à une vérité et réalité, ce sont ces signes
Proscrits qui nous indiquent la voie de nos destins,
Elle, muse d’une nuit sur les dalles dorées, finit en festin.
© Michel COSENTINO
Histoires de textes et de légendes.