Tous ces matins semblent à l’identique et  gris,

 Le sommeil léger perdu dans ces draps

D’une nuit posée sur ce grand lit,

Il scrute le plafond étoilé d’un grand compas

Qui articule et dirige sa vie réglée au quatre carré.

La voici entrant dans ce corridor délavé

Ce sourire simple,  la légèreté de ces pas feutrés,

Des cheveux qui plongent jusqu’au creux de ses reins,

Sorte de rituel perpétuel, comme une horloge rythmée

Par le sens de ses hanches qui se balancent,

Il reste figé par cette blondeur si parfaite,

Que nous sommes réduits à de petit rien,

Ceux qui espèrent un jour capter une seconde d’un regard

Complice et langoureux, d’une belle inconnue.

Echouer sur la rive en berne, l’air hagard,

Il scrute cette belle inconnue sur le quai de cette gare,

La voici qui s’approche à grands pas,

Son parfum embaume l’air ambiant du quai,

Douce saveur venue se poser à ses côtés.

Elle ajuste ses cheveux d’une main volubile,

Puis pose ses lèvres sur ce gobelet indifférent.

 Il aimerait tant être ce calice pour goûter

La pulpe du fruit défendu,  initiale d’une idylle.

Ses yeux se posent sur son visage buriné

D’un petit sourire elle le salue simplement,

Surpris par cet échange complice,

Il sent monter en lui les artifices

D’une romance qui se nourrit de paroles.

Qu’il pouvait enfin s’approcher de ce rêve

Car de brumes en brouillard il s’est souvent égaré,

Sa main tiède saisi ce cœur resté

Si souvent plongé dans la torpeur,

Apaisant ces douleurs,

Puis frôle ses épaules avant de plonger entre ses bras.

Rien n’est essentiel, si ce n’est pas partagé,

Toi qui a su, et qui me comprendra,

Voici un silence par un écrit,

Une histoire perdue sur un vieux grimoire,

Ecrit-i l à la lueur d’un espoir,

Le temps ravage les âmes

Jette cette histoire aux flammes

Sans se soucier de celui qui un jour gris

Prit le sentier des interdits.

Tout est éphémère sans durée,

Il prit le train qui s’enfila dans la nuit

Elle resta sur ce quai.

© Michel COSENTINO 01/13