Cette plaine résonne encore du galop des guerriers,

Valeureux cavaliers sur leur monture chevauchant

Aux pieds des montagnes sacrées,

Ils scrutent l’horizon, par delà le soleil couchant,

Ils pointent le doigt vers une direction,

Celle du sentier de leurs ancêtres.

Les voix des anciens résonnent encore dans cette vaste prairie,

Les femmes tiennent dans leur bras le futur égaré,

Un vieux sorcier entonne une dernière danse,

Il sort son septre, il frappe le sol de ses pas enchantés,

Il rugi, crie, hurle en direction de la Lune, en transe,

Et voici ses anciens cavaliers descendant des collines,

Le vent souffle sur la plaine des craintes et furies.

Fils du soleil, enfant des prés sacrés, se sont tes dernières

Armes qui animent ce combat perdu d’avance.

Il embrasse celle qui porte le futur en elle,

C’est peut être aussi le début d’une fin,

Celle d’un peuple issu d’un passé lointain,

Mais avant que les dieux nous ensorcellent,

Je brandis ma lance vers le levant,

A l’est rien n’est nouveau, les terres sont fertiles,

Et lorsque de nos mains fébriles,

Les lances viendront faucher les impurs,

Je regarderai les cieux, peuplés d’étoiles,

Ils me guideront dans les nouvelles contrées,

Celles qui orneront mon futur.

Lassé par ce corps empli de balles,

Je pose mon âme près de cette forêt sacrée,

Je te prie, t’attends, espère et envie,

Voici ma vie maintenant entre tes mains.

Je ne verrai pas mon fils grandir,

Ni les prairies où je voulais m’installer,

J’ai perdu la rivière sacrée de mes ancêtres,

Et rejoins le flot des écumes des brumes lointaines.

Le soleil pose sa lumière sur mon corps sans vie,

J’irai m’ensevelir sous cette terre fertile,

J’irai enfin reposer en paix.

Quiétude d’un guerrier solitaire et amer,

Je pense à celle qui m’a tant donné,

Ce sont tes caresses et doux baisers que j’emporte avec moi.

(c) Michel COSENTINO 01/2013

Plains-Indians