25_le_Cygne 

Je revois les portes brunes de mon couloir d’immeuble, on traînait là pauvres petits  badauds perdus, sans repaire ni lumière. Juste le reflet du soleil pour nous éblouir dans ses allées sombres et sans vie. Nous on apportait la joie et la bonne humeur. Les travées étaient parfumées des si bons repas que nos mères préparaient. Alors, à force de ne rien faire, on errait comme ces feux follets qui peuplent les forêts magiques. On aimait taquiner les filles des corridors sans lumières, on susurrait à leurs oreilles puritaines, quelques phrases romancées. Les lampes titillaient nos baisers d’adolescents, et donnait à cette atmosphère une sonate à quatre sens. Alors, quelques filles laissaient glisser leur petit corsage, pour que de nos mains tremblantes, nous puissions franchir l’Everest tant recherché. Quelques chiens fous aboyaient au bas des cages d’escaliers, où il y régnait une atmosphère d’amour et d’encens.  Quelques claques transpirant des portes d’appartements, laissent des échos de justices dont nos errances nous sanctionnaient quelques fois. Je pris ta main, puis scruta le ciel étoilé, la lune prenait ses quartiers dans l’obscurité, puis elle relance au soleil qui s’est enfui, un défi de se rencontrer un jour, pour s’unir. Que de petites têtes d’épingles qui pointent et tissent dans les cieux des canevas d’où émergent quelques cavaliers endormis. Ce spectaculaire astérisme portée à nos regards d’enfants ébahis est une minute de pureté.

Alors, délicatement, tu poses tes lèvres sur les miennes, et je m’élève vers ces contrées tant recherchées.

J’ai le goût de caramel et de bonbon sucré qui me colle à la peau, et ton parfum si doux enivre mes sens. Je me pose sur ce lit herbeux et pose mes mains sur ta peau. Tu hausses ton corps et nous voici parti vers de lointaines contrées……

 

© Michel COSENTINO Tous droits réservés. VII-XXI