" Là où le vent se lève, là où la terre touche la rivière, là où le sentier mène à la colline, dors un guerrier des temps anciens. Couvert de peintures guerrières, il a affronté les plus grands. Sur son cheval gris argent, Terre de Feu, parcourait la plaine. Il avait le regard perçant, et l’ouie fine qu’il entendait murmurer le vent aux feuilles d’automne. Et pourtant, son fidèle destrier, croulait sous le poids des ans. La robe terne, il avait de sa superbe au cours de ces innombrables combats. Ses sabots rabotés et usés, laissaient des demi cercles incomplets dans le sable du désert rocheux.

 

Terre de Feux invoquait les esprits et les dieux, lorsqu’il se sentait seul dans ce grand désert.

 

La main vers les cieux, il entrait en transe, danse autour d’un feu. Sa longue chevelure ondulait sous la bise, et faisait tournoyer les petites flammes qui s’échappaient du foyer.

 

Sa majestueuse coiffure de plumes d’aigle lui rappelait sa stature de grand chef de tribu.

 

Le temps des pluies n’était pas encore parvenu dans les plaines, et les bisons se faisaient rares.

 

Ses yeux avaient encore l’éclat de la fierté et de la force qu’il puisait dans les racines de ses ancêtres. Et voici venu le temps, de fermer une page de cette histoire, celle d’un valeureux guerrier au nom de Terre de Feu. Il fût massacré par ces soldats bleus venant des terres de l’Est.

 

Toute sa famille avait déjà rejoint le Tipi des montagnes sacrées. Lui, assis au bord de la rivière, il regardait son corps se vider de toutes ses origines sacrées. Il soulève une dernière fois les bras vers le ciel, entonne un vieux chant sacré, celui de ses peuples qui sommeillent en lui. Il n’a que trente ans mais il est déjà un grand guerrier. Le voici maintenant sur la terre de ses ancêtres, et il foule l’allée centrale des grands guerriers. On voit le sorcier danser avec dix hommes drapés de costumes, et dont leur tête était ornée d’un masque peint.

 

Terre de Feu, s’approche, il sourit. On lui tend le calumet de la sagesse qu’il aspire à deux reprises. Des chants venus du lointain se font plus puissants, et une douce voix de femme l’appelle au loin : Terre de Feu, Terre de Feu…. C’est Ombre de Lune son épouse qui l’appelle. Dieu qu’elle est resplendissante dans sa belle robe de daim. A ses côtés, Pâle Bison et Bise d’automne sont aussi là. Toute sa famille au grand complet. Même Ours des Collines son père est là ! Enfin, Terre de Feu salue son destrier qui l’a conduit au sommet de cette montagne sacrée, et le laisse partir dans les brumes tièdes du soir.

 

Fier guerrier rescapé de Wonded Knee, tu es le survivant de toutes ces injustices, et tu foules en vainqueur le sentier sacré de ta tribu.''

 

blackfoot

Black Foot…. Les danseurs de l’esprit 1890 massacre de Wonded Knee…..

 

© Michel Cosentino 08/2009

 

Pour le peuple indien qui a souffert de ces massacres je vous dédie cette petite histoire que j’ai écris en votre mémoire. Rien n’est plus sacré que la liberté…