09 janvier 2009
Agnus Magnus Dei
Au solstice de ma vie
Je vois l’apogée de mes larmes
Souiller mon visage couvert de suie.
L’aurore relève la garde,
Me voici ici sans armes,
Foulant une dernière fois cette terre sacrée.
Le souffle de la voix des anges
Portent au loin mes derniers regrets,
Les nuages s’écartent des cieux,
Laissant apparaître la blancheur d’une interminable nuit.
Les côtes transpercées par la lame de ces bourreaux,
Je me hisse sur mon cheval, scrutant l’horizon,
Terreur et ténèbres règnent sur ce chaos
Champs dévastés, rivière en ruisseau,
Arbres dénudés, terre souillée.
Les dernières minutes avant l’ultime combat,
Ultime trêve avant le long répit.
Quelques voix de chérubins bercent
De leurs voix angéliques l’autel de Mars,
Derniers réglages, derniers pointages, derniers regards en arrière.
Serait ce la fin de notre histoire ?
Un calme pesant se pose sur cette arène,
Un instant de solitude égarée au coin de la scène,
Puis, se concentrer, toucher d’une main sûre
La boucle de son ceinturon, toucher le pommeau
De son sabre ardent, lui qui est si fidèle
En ses sombres instants.
Le vent soulève délicatement quelques feuilles
En les faisant tournoyer, folles ballerines.
C’est alors que l’on s’élance dans la bataille,
Pour ferrailler jusqu’à ce que la mort nous tiraille,
Plonger cette lame froide dans ce corps inconnu.
J’entends mon cœur battre la chamade,
Je perds des centaines de camarades
Dans cette stupide guerre sans lendemain.
Le corps en charpie, je me traîne 
Jusqu’au pieds d’un chêne,
Je respire, j’hume son écorce,
Elle m’emplie, me renforce,
Mais la vie se sépare de mon corps
Peu à peu, qu’à l’équinoxe des temps
Ce termine l’histoire de ce vieux chevalier.
© Michel COSENTINO Tous Droits réservés.
Essais sur improvisations.
''Non nobis Domine non nobis sed Nomini Tuo da gloriam''
07 janvier 2009
De rivières en océan
Chemin perdu se confond à mes pas,
Il ne reste qu’une fine plume qui survole
Les souvenirs lointains que l’on oublie,
L’aurore repousse du lac la brume,
De nos ultimes envies.
Au loin, je vois les derniers envols
Des grives d’automne,
Les feuilles rougies et moisies
Tapissent le sol d’un brun manteau.
La cœur en chaloupe, je cris
Mes dernières rancoeurs à la vie
Puis rejette d’un geste sot,
Stupide réaction à cette ineptie.
On se regarde sans mot,
Je plonge mon regard dans le profond
Azur bleuté de tes yeux embués,
Les larmes se perdent à l’orée
D’un baiser volé, cœur meurtri
Cherche une tanière pour se reposer.
Je quitte cette page, trop raturée
Par nos erreurs, ne plus s’enferrer
A cette interminable galère,
Pour goûter enfin à la quiétude solitaire.
Au loin, alors que le soleil
Ne vint encore réchauffer le ciel,
On vit un navire quitter le port,
S’éloignant lentement vers les horizons
Tirés par ses longues voiles blanches.
Blotti au mât d’artimon,
Je scrutais mon passé s’éloigner
Pour s’immerger dans l’océan,
Noyant à tout jamais mes derniers instants de répit.
Il n’y pas de laideur en soi,
Mais juste celle que les autres portent sur moi.
© I 2009 Michel COSENTINO Tous droits réservés.
